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Lettre de Catherine Dom, Ir Civ 1980

Appel à dons pour sauver des vies en Tigrée

Bonjour.

Lorsque j’écris ce court message (le 17 février 2021) cela fait 105 jours que la guerre, à grande échelle, sévit au Tigrée, une région du nord de l’Ethiopie dont les dirigeants étaient en opposition croissante avec le pouvoir fédéral depuis début 2018. Ma relation avec l’Ethiopie, très étroite maintenant, date de 1999 ; l’une de mes activités est une recherche de longue haleine sur le changement au niveau de communautés rurales de ce vaste et beau pays (www.ethiopiawide.net). Ce qui s’y passe m’afflige immensément. 

Sans adopter une position politique quelle qu’elle soit, les conséquences de cette guerre sont dévastatrices pour les civils tigréens, de plus en plus souvent cible de violence par les forces armées alliées au gouvernement fédéral (forces armées d’autres régions d’Ethiopie, et celles du pays voisin, l’Erythrée, dont la présence est niée par le gouvernement mais qui ne fait aucun doute, depuis des semaines). L’électricité et les communications sont coupées sur la plus grande partie du territoire tigréen. Destructions et pillage, y compris des récoltes et réserves de nourriture, massacres de civils, viols, sont hélas de plus en plus évidents. Malgré la coupure totale d’internet et le refus d’accès aux médias par le gouvernement, depuis le début de la guerre, les témoignages parviennent quand même, via des gens qui fuient et ont la chance d’y arriver. L’aide humanitaire, autorisée au compte-goutte malgré de nombreux « accords » successifs entre les acteurs humanitaires et le gouvernement fédéral, est concentrée dans la capitale de la région et deux ou trois autres villes. Entre 60 et 80 pourcent des 6 millions d’habitants au Tigrée ne reçoit rien. Certaines estimations font état de plus de 2 millions de personnes déplacées de leur foyer.  Les craintes d’une famine à grande échelle sont fortes. 

Dans ce contexte, les initiatives privées qui s’appuient sur des réseaux de volontaires locaux, connaissant le terrain et les besoins les plus urgents, sont extrêmement utiles. Ce sont des gouttes d’eau mais elles comptent. Une amie très chère, tigréenne avec un réseau robuste de contacts locaux dans son lieu de naissance à quelque 180 kilomètres de la capitale régionale, est à l’origine d’une telle initiative.  Avec les appuis qu’elle reçoit, ce réseau s’occupe d’acheter et d’acheminer de la nourriture de la capitale vers son lieu de naissance. C’est risqué mais les chauffeurs ont leur réseau aussi et savent quand les routes ont une chance d’être ‘calmes’. Mon amie travaille avec un haut responsable de l’Eglise Catholique présente dans cette zone depuis des décennies, qui assure, via son Organisation Non-Gouvernementale, la distribution de toute aide qui lui parvient aux plus nécessiteux – y compris dans les campagnes avoisinantes. Nous l’avons déjà réalisé, après à peine deux semaines, un millier de personnes ont reçu ce qui leur permettra de se nourrir pendant un mois. Une goutte j’ai dit mais… ça sauve des vies. 

Si vous le souhaitez, votre don sera plus que bienvenu… 

Account Name: Food For Tigray

IBAN – BE51363208474662

BIC- BBRUBEBB

Merci, et que tout aille bien pour vous et vos proches en ces temps troublés,

Catherine Dom (Ingénieur Civil, Université Catholique de Louvain-la-Neuve, promotion 1980)



Liens utiles : 
https://reports.unocha.org/en/country/ethiopia/
https://www.researchgate.net/publication/349824181_Tigray_Atlas_of_the_humanitarian_situation/stats